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Pourquoi parle-t-on de cinéma (quand plutôt on devrait se taire) ?

J’adore le cinéma, depuis toujours. J’adore la salle obscure, petite, énorme, large, inconfortable, blindée de gens, vide. J’aime aller au cinéma et me faire ma place : crier sur les voyous qui font du bruit, grignoter des m&m’s et siroter une bouteille d’eau fraiche, m’envelopper dans mon écharpe même si dehors il fait 20 degrés. J’adore le cinéma. Et lire sur le cinéma.
Le « Cercle » m’amuse, les « Cahiers du cinéma » m’interpellent, « Première » remplit le manque de gossip et people. Mais je déteste me laisser influencer par des gens qui parlent de cinéma parce que souvent leur arrogance m’énerve, que je sois d’accord ou pas.  Comme dans le cas de Carnage, de Roman Polanski.
Je ne suis pas allée voir ce film au cinéma parce que ici et là j’avais lu et entendu un inquiétant commentaire : « le film était tourné comme une pièce de théâtre ». Ce genre de commentaires peut aussi bien intéresser les uns qu’éloigner des autres.  Or j’aime aussi le théâtre, mais je trouve les deux genre d’art, ciné et théâtre, très different, et je ne vais pas au cinéma pour voir du théâtre.
L’autre jour sur Canal Plus je tombe sur Carnage : pourquoi pas, j’y reste. Et j’y reste jusqu’à la fin, envoûtée par des dialogues serrés et géniaux, je ne bouge pas tout le long du film. A la fin je n’ai pas trouvé le film complètement réussi, ou plutôt, je ne m’attendais pas que la fin arrive si vite et si abruptement. Mais la chose qui m’a gênée c’était ce commentaire qui me tournait dans la tête : « c’est filmé comme une pièce de théâtre ». Ce n’est pas vrai du tout ! Pourquoi ce serait-il du théâtre, parce que tout se passe dans une seule pièce (ou presque) ? Parce qu’il n’y a que quatre personnages ? Tout ça ne fait pas du théâtre.
La caméra virtuose et la mise en scène de Carnage me paraîssent tout à fait être du cinéma et j’aurais vraiment aimé aller voir ce film en salles si je n’avais pas suivi les commentaires fallacieux.
La chose qui m’énerve le plus ce que les gens qui ont commenté de cette façon Carnage sont de « disons » critique qui pensent que le cinéma est une grande forme d’art, sacré, et que’un film ressemblant de près ou de loin a du théâtre doit être moqué et rabaissé. Moi je crois que le cinéma est bien sûr un art, mais aussi on va au cinéma pour s’embrasser, manger de pop corn, passer du temps libre, s’amuser, se distraire. Arrêtez avec la sacralité des choses ! Le sacré est loin de la vie et le cinéma est la vie. Laissez-nous vivre !

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Les gens du voyage, des citoyens de seconde zone

Il y a quelques années j’avais rencontré dans la banlieue de Versailles une communauté de gens du voyage.

Aujourd’hui, le gouvernement a changé, la crise financière accapare nos pensées, mais la condition des citoyens de seconde zone n’a pas beaucoup changé. Le Conseil constitutionnel a abrogé, vendredi 5 octobre, deux dispositions de la loi régissant la vie quotidienne des gens du voyage, en supprimant un des titres de circulation qui leur était imposé et l’obligation d’être inscrit plus de trois ans dans une commune pour pouvoir voter.

Mais le vrai enjeu était la possible suppression du “carnet de circulation” qui est l’objet de vives critiques de la part des défenseurs des gens du voyage, qui le considèrent comme la source d’un grand nombre des difficultés sociales des 350 000 à 500 000 Tziganes, Roms ou Manouches installés en France.

A l’origine, le carnet de circulation a été créé “pour recenser” l’ensemble des personnes avec un mode de vie itinérant en France. Mais au fil du temps, il a de plus en plus été utilisé “comme l’instrument de discriminations” à leur égard.

Aujourd’hui le livret de circulation doit être visé tous les ans avec l’obligation de rattachement à une commune où la population de gens de voyage ne dépasse pas 3 %.La haute juridiction a considéré que le principe du titre de circulation n’était pas contraire à la Constitution. Il a pour but de permettre “l’identification et la recherche de ceux qui ne peuvent être trouvés à un domicile” et n’institue “aucune discrimination fondée sur une origine ethnique”. Pour le Conseil, par conséquent, il n’y a pas lieu d’abroger.